Partir à l’aventure sur la Grande Traversée de la Haute-Loire à VTT

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Julien

Jeune chef d’entreprise de Haute-Loire aime parcourir à VTT une nature inspirante aux reliefs surprenants.

Collectionneurs des grands itinéraires à VTT en France, c’est avec mes deux compères habituels qu’on s’est engagé sur la Grande Traversée de la Haute-Loire.

Jour 1

Rendez-vous est fixé au Puy-en-Velay, km zéro de l’itinéraire. Au pied de la Ville Haute et du Rocher Saint-Michel d’Aiguilhe, derniers préparatifs. Vérifier le contenu des sacs à dos, faire un point sur les vivres, check liste de nos machines et du chargement des batteries. Nous voilà partis pour une aventure de 640 km !

Sortir du bassin du Puy-en-Velay et franchir les premières crêtes. L’ascension est progressive, laissant le temps de nous habituer à la charge rivée sur nos épaules. Le rythme du cliquetis de nos montures nous donne le rythme. Premier rafraichissement au pied de la cascade de la Beaume. Quel spectacle ! L’eau des montagnes vient claquer les orgues volcaniques. Pas le temps de faire trempette, ce soir on fait étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Un peu plus loin,  la plage du Lac du Bouchet est un nouvel appel au farniente. Difficile de résister face au calme envoûtant de l’eau calme du cratère.

Chez Thierry, chambre d’hôtes labellisée Respirando, tout a été pensé pour accueillir le Vététiste comme le randonneur. Garer nos machines en toute sécurité après un rapide lavage, recharger nos batteries et nous requinquer autour des petits plats préparés par Sylvie.

Jour 2

8h30. Il est temps de repartir. Une ultime gourmandise engloutie du copieux petit déjeuner. La traversée des gorges de l’Allier nous attend. Plongeon jusqu’à la rivière Allier, berceau du « roi des poissons », le saumon Atlantique. On enchaine les monotraces pour s’enfoncer dans les gorges. Un coup d’œil vers le ciel, on devine le vol du Milan Royal. Clic clac, selfie devant la surprenante chapelle Sainte-Marie-des Chazes. A Langeac, on se rappelle cette belle itinérance sur la GTMC, débutée ici l’année dernière.

L’itinéraire nous emmène dans l’univers minéral des coulées basaltiques. Ce soir, on dormira au bord de la volte parfaite de la rivière Allier enserrant le prieuré de Lavoute-Chilhac.

Jour 3

Ce matin, notre réveil c’est le fleuve. Sauvage et infatigable. L’eau est notre compagnon de route depuis le départ. Comme pour nous donner de l’élan.

Rive droite, rive gauche, les villages accrochés aux collines de l’Allier sont nos supporters, postés le long des pistes. Un petit tour au marché de Brioude, histoire de refaire le plein de produits locaux. L’histoire du fromage aux artisous a marqué les esprits et les palais. Mes compères en redemandent.

Notre étape du jour est à Blesle. Classé parmi les plus beaux villages de France, les vélos garés chez Dominique notre hôtelier, quelques gorgées de La Demoiselle de la Brasserie de l’Alagnon avalées, le petit tour de village nous détend les jambes.

Jour 4

Cette étape de mi-parcours en mode épicurien nous a fait le plus grand bien. Fin prêts pour entamer une section de transition, quittant les bords de l’Alagnon et de l’Allier nous attaquons la montée vers le haut plateau de La Chaise-Dieu. Dernier arrêt pour faire le plein dans la petite cité de caractère d’Auzon. On a bien noté les conseils des ouvreurs de l’itinéraire, « prévoir sur ce segment une autonomie de deux jours ».

L’ascension est rude. De 408 m d’altitude, il nous faut atteindre la côte 945. L’assistance électrique de nos montures prend tout son sens. A l’arrivée, de l’eau ! Plongeon dans le plan d’eau de Champagnac-le-Vieux, pavillon bleu. La température vivifiante de l’eau est le meilleur remède pour nos cuisses échauffées par ces 250 premiers kilomètres.

Ce soir, ce sera bivouac organisé par le camping du village. La tente est prête. Nous avons juste à dérouler nos sacs de couchage. Etaler sur la table en herbe les victuailles aux saveurs locales, dîner sous les étoiles. Le paradis !

Jour 5

Nous étions avertis, la traversée du plateau de La Chaise-Dieu est roulante mais sauvage. Ici, il n’y a que forêts. Des arbres et encore des arbres. Alors quand, à la sortie d’un virage surgit ce vaisseau de pierres, surplombant la forêt, difficile de ne pas mettre pied à terre. S’arrêter, photographier et prendre une grande inspiration dans un silence monacale pour rejoindre La Chaise-Dieu. Véritable point de rupture dans ce parcours, déconnexion totale garantie, on sort marqué du segment parcouru.
Un peu plus loin, le paysage s’ouvre. La forêt est un peu moins présente. Les points de vue se multiplient. Sans le savoir, un plat au four nous attend. Pommes de terre Trifola et viandes locales, un régal.

Jour 6

Une dernière tranche de cake aux myrtilles cueillies la veille par notre hôte, nous voici repartis pour une journée de plongeons dans des gorges. Premier single et première surprise. Chalencon, village médiéval, protégé par sa forteresse. Le salut amical de l’habitant appréciant notre traversée en mode piéton. Sur le pont ni péage ni diable. Nous n’aurons pas à laisser l’un de nous au Diable pour atteindre l’autre rive. La route des gorges de la Loire est ouverte.

Jour 7

A mi-parcours. Réveil sur les bords de Loire. De chaque côté, les rives sont abruptes. Une fois traversée la passerelle himalayenne surplombant l’Aire Respirando d’Aurec-sur Loire, on s’attend à souffrir de bon matin. Grimper puis redescendre puis regrimper. Les dénivelés positifs s’enchainent. Juste le temps de jeter un œil sur cette usine incroyable, perdue en fond de vallée sortie tout droit du Germinal de Zola. L’Alliance, nous indique notre carte ! Les 1500m de D+ nous marquent. Comme un échauffement d’une 2ème partie de la Traversée qui s’annonce plus technique.

Jour 8

Ce petit détour (5 km) sur le passage de la Via Fluvia nous aura fait le plus grand bien ! Finalement cette alternance d’hébergements Respirando de différents standings nous remet en selle de la plus belle des manières. Une étape Gourmande et craquante. Hâte de déguster le pique-nique de Gilles et Laurence.  Un salut amical au pèlerin lancé de bon matin sur le St-Jacques Genève-Le Puy. Un coup d’œil sur la chapelle de Clavas et son jardin médiéval. Et, c’est reparti pour l’ascension pour rejoindre le sommet du Grand Felletin (1387m). Quel coup d’œil ! Un panorama à couper le souffle dans une ambiance montagnarde.

Petits cachotiers, Gilles et Laurence ! Vous ne nous aviez pas dit que nous passions dans le meilleur village gourmand d’Auvergne !! Notre cœur balance, entre pique-niques sortis du sac ou quelques pâtisseries de la maison Marcon ?! Le pierre-papier-ciseau de mes compères décide du choix. Ce sera les deux. Nous repartons de Saint-Bonnet-le-Froid, les besaces pleines. Un peu plus loin, la plage de Lavalette nous invite à lézarder. Digérer et lézarder, longuement. L’étape de Tence n’est finalement qu’à 15km, alors profitons !

Jour 9

Départ matinal. Le relief est technique et montagneux. On laisse derrière nous une journée toute en saveur, 100% sportif épicurien. Ici ils disent l’altitude Champion ! On promet à nos hôtes  de leur adresser une carte postale/selfie des 3 champions que nous sommes. Le coup de pédale est fort. On double le Velay Express lancé sur ses rails. Pas même le temps d’un arrêt au Chambon sur Lignon. Les calories engrangées la veille agissent. Mon récit aux compères de l’Histoire du plateau est surement approximatif. On reviendra en famille. On traverse les champs de fruits rouges en relais. Atteindre le sommet du Lizieux (1386m) est l’objectif matinal.

On poursuit au milieu de cette bonbonnière des sucs du Meygal. Les sentiers sont vifs, tracés entre bois et pierriers. Aux abords de Saint-Julien Chapteuil, le décor volcanique est grandiose.

Jour 10

Ces derniers jours nous rappellent que dans le nom Haute-Loire, il y a Haute. Et c’est bien sur les hauts plateaux de la Haute-Loire que nous passons la journée. Les vieux volcans en forme de coupoles massives ou d’aiguilles nous regardent serpenter. La roche volcanique éparpillée en millefeuilles borde nos sentiers. On contourne le lac de cratère de Saint-Front. Ambiance québécoise ! L’itinéraire nous conduit dans des paysages grandioses vers le mont Mézenc (1753m), toit de la Haute-Loire. Un dernier coup de pédale, nous levons les bras victorieux à l’entrée du village station des Estables. Pour fêter ça, dégustation de la bière locale Ouroboros, réputée pour son caractère.

Jour 11

Il faut bien se dire que c’est le dernier jour. Faire une liste des paysages,  en faire un classement est impossible. L’expérience est unique ! Rarement, on avait croisé une telle diversité de paysages. Cette dernière journée le confirme. Du sommet de la Haute-Loire, en passant sous les Monts Breysse, on file sur les sentes descendantes surplombant la Jeune Loire pour atteindre les portes grandioses du Puy en Velay. Objectif atteint.

Tout est dit, une traversée grandiose !

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